Championnats Coupe Vanier

Du jour au lendemain, on dirait, le nom de Maya Turner est devenu beaucoup plus familier alors qu’elle a écrit une page d’histoire dans les annales du football canadien.

Le 23 septembre 2023, elle est devenue la première femme à enfiler l’uniforme dans un match de football de saison régulière de U SPORTS, de même que la première femme à inscrire un point au cours d’une rencontre. 

Et cela, tout le monde l’a remarqué.

« Ç’a été fou, ça ne fait aucun doute, a déclaré Turner, qui a connu une soirée parfaite, réussissant chacun de ses trois convertis et ses deux tentatives de placement, y allant notamment d’un botté d’une distance de 21 verges qui a donné la victoire aux Bisons du Manitoba en deuxième période de prolongation contre les Rams de Regina. 

« Je ne m’attendais pas à tout ça. J’ai eu droit à tellement de gestes de soutien provenant d’un peu partout. »

En plus d’avoir cette occasion de participer à une première historique, l’athlète née au Minnesota dit avoir vécu le moment le plus palpitant de sa carrière sportive, peu importe le sport. 

« C’était un match vraiment serré, nous avions besoin de ces points-là pour l’emporter. C’est sûr que j’étais très nerveuse en me rendant sur le terrain, mais en fin de compte, j’étais prête, je m’y étais bien préparée. »

Turner affirme qu’à l’approche du match, elle ressentait la pression qui venait avec le fait d’être la première femme à enfiler l’uniforme et à occuper un poste où il y avait la possibilité de marquer des points.

« C’est sûr que j’ai ressenti beaucoup de pression pour réussir tous mes bottés parce qu’il y avait beaucoup de gens qui m’observaient. Par ailleurs, surtout si je commettais une erreur, ça aussi ça allait être amplifié. » 

Reste que les gestes d’encouragement dont elle a fait l’objet ont été innombrables.

« Beaucoup de gens m’ont contactée, des gens dont je n’avais pas eu de nouvelles depuis un bon moment, pour me faire savoir qu’ils avaient entendu parler du match et tout ça, a déclaré Turner. J’ai eu quelques messages d’autres filles qui jouent au football ou juste d’autres femmes qui évoluent dans des sports dominés par les hommes. C’était vraiment bien de voir quel effet j’ai eu. »

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Credit Heather McKeen-Edwards / Manitoba Bisons

À l’instar de bien des botteurs au football, le parcours de Turner a commencé en jouant au soccer. Plus récemment, elle a joué au soccer dans les rangs universitaires avec l’Université Loyola de Chicago.

« J’ai joué au soccer toute ma vie. D’aussi longtemps que je me souvienne, ç’a pas mal été mon seul sport, a indiqué Turner. À ma deuxième année, j’étais vraiment brûlée, j’en avais assez du soccer. Je savais tout simplement que ce n’était pas ça que je voulais faire et que ça ne me rendait pas heureuse. »

C’est à ce moment-là que Turner a décidé d’abandonner et d’essayer un autre sport. 

« Je ne savais pas encore ce que je voulais faire, mais j’ai vu qu’il y avait une équipe de football dans une ligue de clubs à mon école, a fait savoir Turner. J’ai toujours pensé que ce serait plaisant de jouer et de botter des placements parce qu’une de mes plus grandes forces au soccer, c’était la frappe du ballon. »

Turner a fini par rejoindre les rangs de l’équipe de football de son école et elle est tombée en amour avec cette activité. Elle a ensuite communiqué avec des entraîneurs pour botteurs dans la région du Midwest et participé à des camps pour botteurs pour l’aider dans ses démarches pour se faire recruter. À partir de là, elle a fait parvenir sa vidéo à l’Université du Manitoba.

« Quand l’entraîneur Dobie m’a contactée, j’étais super emballée, a dit Turner. Il m’a ensuite invitée à lui rendre visite. Il m’a regardée effectuer des bottés et il m’a fait une offre quand j’étais encore sur place. » 

Accepter l’offre n’a pas été une décision difficile à prendre pour Turner. 

« Je savais que c’était l’endroit où je voulais me retrouver. J’adorais tout simplement l’ambiance. Toutes les personnes que j’y ai rencontrées étaient vraiment accueillantes et bienveillantes. »

Après avoir passé une année à porter un chandail rouge de réserviste, elle a finalement été retenue dans la formation active cette saison – préparant ainsi la table pour une nouvelle page d’histoire. 

Quand on lui parle de son avenir à la suite de cette réalisation, Turner veut tout simplement voir jusqu’à quel point elle peut s’améliorer et jouer au football le plus longtemps possible. Ce faisant, elle veut continuer à montrer aux autres femmes que ce qu’elle a réalisé est dans le domaine du possible.

« Je pense que ça aide beaucoup de voir d’autres femmes le faire, simplement voir que c’est faisable et que c’est un objectif réaliste. »

Quant aux conseils qu’elle donnerait aux autres femmes sur la meilleure façon d’entreprendre un parcours semblable au sien, Turner affirme qu’il s’agit de trouver les bonnes personnes qui apporteront un soutien utile et d’afficher une détermination sans faille.

« Si une femme veut jouer au football universitaire à un haut niveau et si tu es assez bonne pour concourir à ce niveau-là, et que tu trouves un programme qui t’apprécie pour la joueuse que tu es et pour ce que tu peux faire sur le terrain, c’est assurément quelque chose que tu peux accomplir. »