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Comment U SPORTS a élevé les normes de diffusion en direct des championnats

Andrew Bucholtz

Lorsque U SPORTS a transféré plusieurs des diffusions en ligne de ses championnats au modèle de service à la carte (pay-per-view), il s’attendait à une certaine résistance. De la perspective du président – directeur général du diffuseur national des sports universitaires au Canada, toutefois, c’était une démarche indispensable à ce que la qualité de la transmission rende justice à l’excellence des performances des étudiants-athlètes d’un bout à l’autre du pays.  

« Certains étaient déçus, d’autres étaient carrément contrariés, mais ce qu’ils ne comprenaient pas, c’était qu’ils n’avaient pas le choix, » explique le président — directeur général de U SPORTS, Graham Brown. « Nous voulions créer un meilleur produit, avec un plus grand nombre de caméras et un plus grand nombre de graphiques… et, si nous voulons mieux, cela va nous coûter. »  

Cette démarche de U SPORTS est à l’image de ce que la conférence Canada Ouest fait depuis quelques années avec « Canada West TV », exigeant des frais pour visionner les matchs, mais offrant en retour un produit de bien meilleure qualité. Grâce à ce service, on a enregistré des chiffres d’affaires et des cotes d’écoute record cette année. Brown assure qu’il comprend pourquoi il y a opposition à ce que le siège social emboîte le pas et exige des frais pour les diffusions des championnats, mais il juge que le modèle à la carte (pay-per-view) s’impose puisque U SPORTS débourse des sommes importantes pour produire ces événements.

Maintenant, avec tous ces nouveaux outils et ces progrès techniques, combinés au volume de contenu vidéo de haute qualité disponible, les gens ne veulent plus regarder une transmission de mauvaise qualité, même si elle ne leur coûte rien.

« Je comprends certainement les arguments des deux camps, mais mon défi immédiat est le suivant : pour présenter un championnat de basketball, hommes ou femmes, de qualité, à titre d’exemple, j’ai besoin de 18 000 $, et je n’ai pas ces 18 000 $ à moins d’encaisser des recettes en retour, » dit-il. « Il nous faut récupérer quelque part. »

D’après Ken Saint-Eloy, directeur principal — marketing et communications U SPORTS, faire accepter ce nouveau modèle de la part des téléspectateurs n’a pas été une sinécure, même si on avait auparavant reproché à U SPORTS la piètre qualité de ses diffusions sans frais, soulignant que les partisans méritaient et étaient en droit de s’attendre à mieux que ce qui leur était offert.

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« C’est très difficile. Auparavant, les gens étaient satisfaits de visionner une mauvaise qualité de diffusion, pourvu qu’ils n’aient pas à payer, » dit Saint-Eloy. « Maintenant, avec tous ces nouveaux outils et ces progrès techniques, combinés au volume de contenu vidéo de haute qualité disponible, les gens ne veulent plus regarder une transmission de mauvaise qualité, même si elle ne leur coûte rien. Ils disent “les universités canadiennes devraient faire mieux que ça ! Pourquoi d’autres sports ou ligues sont-ils accessibles sans frais et de meilleure qualité que les compétitions U SPORTS ? U SPORTS devrait être en mesure de faire mieux que ça.” Mais pour faire mieux, pour rehausser nos normes, il nous faut dépenser davantage ou élaborer un nouveau modèle de gestion. »  

Nombreux téléspectateurs, aujourd’hui, recherchent des niveaux de qualité qu’il est presque impossible d’atteindre en diffusion gratuite.  

Choyal Brown (aucune relation avec Graham), fondateur et directeur du service de diffusion vidéo de SportsCanada.TV, a été impliqué dans la consultation et la production de plusieurs diffusions de championnats pour U SPORTS. Il produit des diffusions vidéo pour des fédérations sportives canadiennes (FSC) et des établissements scolaires depuis près d’une décennie, et dit qu’à l’origine il n’était pas en faveur du modèle à la carte (pay-per-view), mais croit maintenant que c’est un incontournable parce que de nombreux téléspectateurs, aujourd’hui, recherchent des niveaux de qualité qu’il est presque impossible d’atteindre en diffusion gratuite.  

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« Originalement, j’étais tout à fait contre le modèle à la carte. Mon tout premier objectif en créant ce réseau était d’essayer de rehausser le profil du sport amateur. C’était ça l’enjeu, rien d’autre. Je pense que ce qui s’est produit, c’est que nous avons réalisé que les attentes des téléspectateurs étaient autres. La seule façon qu’un organisme puisse éviter de subir de lourdes pertes sur sa diffusion en direct est d’opter pour le modèle à la carte, autant je l’ai déjà détesté. »

Il a ajouté qu’il est important de garder à l’esprit que le contenu sportif doit se payer d’une manière ou d’une autre.

« Ce que j’ai aussi commencé à réaliser, c’est que lorsque les gens se déplacent pour aller voir des matchs, ils paient leur admission. Ils paient au guichet et l’école n’a rien à débourser pour ça, alors que lorsque le match est diffusé en direct, cela implique des coûts. Au début, les gens disent “je ne peux pas croire que vous nous faites payer pour ça,” mais je pense de plus en plus que c’est le seul modèle durable. »

La qualité de la diffusion en flux s’améliore de plus en plus, même avec des budgets plus modestes, et qu’elle peut parfois se comparer aux productions télévisuelles.

 

Il ajoute que l’idée souvent exprimée « Trouvez un grand nombre de spectateurs pour visionner une transmission gratuite, et ensuite trouvez un commanditaire, » ne règle pas nécessairement le problème. En fait, dit-il, certains des plus grands défis auxquels SportsCanada.TV a dû faire face sont venus d’événements avec d’importantes cotes d’écoute, tels que les championnats mondiaux de balle-molle puisque SportsCanada.TV a été confronté à des défis de taille en matière de bande passante pour la transmission des flux vidéo.  

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« Il pouvait y avoir jusqu’à 100 000 visionnements, ce qui était formidable pour l’événement, mais ça nous tuait parce que chaque spectateur nous coûtait plus cher, » dit-il. « Il y a le coût du portail, le coût de la bande passante, le coût de production. C’est inouï les coûts que cela implique. »

« Et voici une autre idée erronée : “Oh, vous n’avez qu’à trouver un commanditaire.” Ce n’est pas aussi simple que ça. Chez SportsCanada, nous avons 12 millions de vues par année et une entreprise commanditaire nous dit “nous avons des enfants de huit ans qui ont tout autant de millions de vues sur YouTube.” C’est loin d’être aussi simple que tout le monde pense. »

En fait, il dit qu’au Canada, il ne peut penser à aucun organisme de sport amateur qui fait de l’argent au moyen de la diffusion en temps réel, affirmant qu’il s’agit plutôt, la plupart du temps, de coûts nécessaires. Et même le modèle à la carte ne compense pas entièrement ces frais.

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« La retransmission en direct est toujours en rouge dans leur budget. C’est loin d’être lucratif. »

Il affirme qu’il faut toujours faire mieux pour des diffusions de championnats, d’abord avec des caméras additionnelles, mais peut-être même davantage au niveau du nombre d’employés suffisamment vaillants pour entreprendre un weekend de championnat.

« Faire deux matchs au cours d’un weekend, comme le font la plupart des écoles, et faire quatre matchs en une journée et 12 en un weekend sont deux histoires bien différentes. »

Et il ajoute que ce n’est pas comme si U SPORTS et d’autres diffusions en direct venaient même près de couvrir les frais d’une production télévisuelle. Au contraire, ces frais sont souvent beaucoup plus élevés, même pour les compétitions U SPORTS.  

« Une idée encore plus erronée est combien peut coûter une production télévisuelle. Les gens n’ont aucune idée, lorsqu’ils regardent un match de la NBA, que cette lentille coûte un million de dollars, un million de dollars sur une seule caméra. Ils n’en ont pas la moindre idée. Alors lorsque Sportsnet arrive et diffuse les matchs… oui, même les matchs U SPORTS, vous regardez un match de 60 000 $. Les gens ne saisissent pas que l’argent doit venir de quelque part. »  

Malgré tout, par contre, il affirme que la qualité de la diffusion en flux s’améliore de plus en plus, même avec des budgets plus modestes, et qu’elle peut parfois se comparer aux productions télévisuelles.

« L’écart de production entre la télévision et la diffusion en flux est beaucoup plus petit qu’il ne l’était. »

Graham Brown a ajouté que plusieurs autres ligues sportives canadiennes exigent des frais pour visionner leurs événements.

Le curling exige des frais, la ligue de hockey de l’Ontario et la ligue canadienne de hockey exigent des frais. Le basketball travaille de concert avec DAZN — donc, alors que Basketball Canada n’exige pas de frais, DAZN le fait. »

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Le dernier argument est plutôt significatif puisque plusieurs émissions sportives canadiennes peuvent être visionnées en ligne dans le cadre d’un abonnement au câble ou d’un forfait satellite : TSN et Sportsnet offrent tous deux la diffusion en flux avec l’authentification du câble, Sportsnet offrant également la diffusion en flux autonome par le biais de son forfait de luxe OTT (‘over the top’), Sportsnet Now. Donc, bien que les abonnés au câble puissent souvent visionner en flux des matchs de ligues telles que CFL, NHL, NBA, Ligue de baseball majeur et plus, présentés par TSN et Sportsnet, ou des compétitions U SPORTS présentées par Sportsnet (incluant la Coupe Vanier au football et les demi-finales et finales au basketball masculin et féminin, et le hockey) sans avoir à payer des frais additionnels, le coût de ces diffusions est inclus dans leur abonnement au câble.

« En réalité, les gens paient pour tout leur contenu, » dit-il. « Tout le monde exige des frais. Je ne reçois pas mon câble Rogers gratuitement. Nous exigeons tous des frais. Il faut payer pour Sportsnet, il faut payer pour Sportsnet sur Rogers, il faut payer pour tout. »  

Il dit très bien comprendre que ce n’est pas tout le monde qui est heureux des prix et des forfaits offerts jusqu’ici et des discussions auront lieu, au sein de U SPORTS, quant aux diverses façons que nous pourrions améliorer la situation, de même que quelques problèmes techniques qui ont surgi lors de certains championnats. Mais il a ajouté qu’il y a des coûts importants impliqués, pour le basketball et plusieurs autres championnats, et que U SPORTS — à titre de marque nationale des sports universitaires au Canada — offre des diffusions en flux en anglais et en français, ce qui occasionne des frais en sus en matière d’annonceurs, de technologie, et plus encore.  

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« Nous avons diffusé en français et en anglais et il y a un coût rattaché à ça ; ce fut aussi tout un défi de le faire dans les deux langues. Il fallait un équipement spécial pour réaliser la diffusion en flux et la renverser, il fallait deux équipes d’analystes. Comme nous voulions de bons analystes, nous avons fait venir nos analystes francophones par avion. Nous nous sommes assurés d’être authentiques. »

Ce ne serait pas juste de simplement refiler ces coûts aux établissements membres de U SPORTS, a-t-il ajouté..

« Nos membres paient déjà un montant considérable pour le secrétariat et le personnel. Aucun de nous ne souhaite imposer des cotisations en sus. »

Et il a souligné qu’alors que des réactions négatives aient été exprimées, il a aussi reçu des témoignages de certains qui disaient apprécier la chance de visionner le contenu U SPORTS grâce au forfait « over the top (OTT) » sans abonnement au câble (une initiative en croissance dans le monde du sport, grâce à Rogers qui offre Sportsnet Now et des entreprises comme ESPN, Turner et Sports Illustrated qui lancent les services sportifs OTT aux É.U.).

« Les gens croient à “over the top” et sont d’avis que c’est une bonne façon de diffuser ton contenu au-delà de la famille et des amis. »

Il dit aussi avoir entendu des commentaires de gens se disant impressionnés par l’amélioration de la qualité avec ce modèle.

Le modèle à la carte n’a pas été apprécié par tous les concernés, mais notre objectif était d’essayer de rehausser la qualité et d’améliorer l’expérience de la diffusion en flux en exigeant des frais minimes. Plusieurs ont exprimé leur satisfaction et ajouté qu’ils trouvaient la qualité supérieure à ce qu’elle était auparavant. »

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Aprofile_1.png (74 KB)ndrew couvre les sports universitaires canadiens depuis 2005 dans des médias tels que le Queen's Journal, le CIS Blog et Yahoo Canada, où il a également été rédacteur en chef du blog de football canadien, 55-Yard Line. Il est titulaire d'un baccalauréat en arts (avec distinction) de l'Université Queen's et d'une spécialisation en histoire. Il travaille actuellement comme auteur et rédacteur pour Awful Announcing et The Comeback.