Basketball Masculin Nouvelles

Nous entendons parfois des histoires d'athlètes qui font face à l'adversité.

C’est peut-être quelqu'un qui a eu une blessure ou quelqu'un qui essaie de faire un retour quand les probabilités sont contre lui. Mais peu importe la situation, ces histoires sont généralement celles auxquelles nous accordons une attention particulière.

Dans ce cas, il s’agit d’un homme qui a été obligé de s'absenter du basketball pendant un an en raison des ses études.

Ce fut une année déterminante pour Jean-Victor Mukama, joueur extérieur de cinquième année des Rams de Ryerson, qui illustre parfaitement la ténacité.

« En août, j'ai vraiment réalisé que je n’allais pas jouer », déclare Mukama. « Je pensais que le basketball était terminé. »

Une vague d'émotions a envahi Mukama quand il s'est rendu compte qu'il n'allait pas jouer la saison à venir. Avec l’équipe qui venait de remporter son tout premier championnat de SUO en 2016 et une médaille de bronze au championnat canadien, il ne voulait pas regarder en arrière et penser qu’ils auraient pu gagner s’il avait été là.

Son entraîneur-chef, Roy Rana, et l’ancien adjoint, Patrick Tatham, qui est actuellement entraîneur à McMaster, lui ont fourni toutes les ressources nécessaires pour réussir en classe. Il assistait aux parties aux abords du terrain et allait observer les séances d’entraînement de temps en temps. Il s'est même joint à l’équipe à Ottawa pour sa préparation à la finale de la Coupe Wilson.

«Ça a fait du bien de revêtir l’uniforme à l'entraînement», déclare-t-il. «Rien que de penser à leur participation au championnat de SUO, mon stress a augmenté.»

Mukama avait l’impression de faire encore partie de l’équipe, même s’il devait regarder les parties  sur le côté du terrain durant cette saison-là. Il  a célébré avec eux après qu’ils aient défendu avec succès le titre de champions de conférence contre Carleton.

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Les Rams ont ensuite participé à leur toute première finale de championnat national, remportant une médaille d'argent, alors que Mukama se concentrait sur lui-même, tirant des leçons de vie au passage.

«J'ai vieilli de trois ans au cours de cette année là», explique Mukama. « Ils ne peuvent pas me conduire en classe, ils ne peuvent pas m'apprendre de bonnes habitudes, ils ne peuvent pas me forcer à prendre un livre et à le lire, cela dépendait vraiment de moi. »

Après une bonne année passée en classe, Mukama a été accueilli à bras ouverts par Rana et le personnel d’entraîneurs. En regardant en arrière, le défi qu’il a surmonté n’était pas seulement un témoignage de sa force de caractère mais aussi un moment décisif de sa carrière universitaire.

« Pour que quelqu'un dise: mes études sont importantes pour moi, l'école est importante pour moi et être un Ram de Ryerson est important pour moi. Je vais prendre toute une année sans faire partie de l'équipe et me concentrer à m'améliorer en tant que personne et réussir en tant qu'étudiant, puis de revenir jouer au basketball, ce n'est pas une chose facile pour personne », déclare Rana.

De retour pour sa quatrième année en 2017-18, Mukama a disputé les 23 matchs de la saison régulière de Ryerson, réalisant en moyenne 11,3 points, 7,9 rebonds et 2,0 passes décisives par match.

Lors du tournoi du 8 Ultime, le but était de tout gagner, et la seule équipe qui leur entravait le chemin était les Dinos de Calgary.

Au cours d'une bataille serrée contre Calgary, Mambi Diawara s'est imposé en enregistrant le tir vainqueur pour catapulter les Dinos à leur tout premier championnat national.

Après la défaite bouleversante, Mukama se souvient très bien de son retour à l'hôtel et de l'équipe qui mangeait ensemble en écoutant Rana se remémorer leur cheminement jusqu’à Halifax

« L’un de mes moments préférés de l’année dernière, est probablement quand il est venu nous dire à quel point il était fier. C’est pourquoi il est entraîneur : pour les bons et les mauvais côtés», déclare Mukama. « C’était une période riche en émotions, mais c’est quelque chose que je n’oublierai jamais. »

Environ un mois après le tournoi, Mukama a reçu un message texte de Rana l’informant que lui et son coéquipier Ammanuel Diressa avaient été sélectionnés pour représenter le Canada aux Jeux du Commonwealth à Gold Coast, en Australie.MBB-_Jean-Victor_Mukama_vs_Ottawa_Jan_23_2015.jpg (1.97 MB)

C’était l’un des meilleurs voyages que Mukama n’ait jamais fait; de pouvoir jouer une dernière fois avec Diressa, l’un de ses meilleurs amis, tout en faisant aussi l’expérience d’une cérémonie d’ouverture, chose qu’il n’aurait jamais pensée possible en grandissant.

« Avoir l'occasion d’aller aux Jeux du Commonwealth et de côtoyer des athlètes et des entraîneurs dans cet environnement, je pense que ça lui a ouvert les yeux », a déclaré Rana. « Je pense que ça lui a permis de mieux apprécier et comprendre ce qu'est le basketball à un plus haut niveau. »

L'été dernier, Mukama a investi d'innombrables heures dans la salle de musculation, bien décidé à faire évoluer son jeu et à faire en sorte que sa cinquième et dernière année à Ryerson soit mémorable.

Pensant à ceux qui l'ont précédé, Mukama a demandé conseil aux anciens joueurs des Rams : Adika Peter-McNeilly, Diressa, Juwon Grannum et Jahmal Jones. À l'approche de la saison, il a recueilli des conseils sur la façon d'aborder la saison à venir et de voir ce qui avait fonctionné pour eux les années précédentes.

« Ils m'ont dit de ne pas essayer de copier ce qu’ils ont fait, d’être mon propre leader, parce que nous sommes tous différents », a déclaré Mukama. « Nous n’avons pas le même style de leadership, il n’y a pas de modèle pour devenir un leader. »

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Mukama s’est fait un devoir de partager avec les jeunes joueurs de son équipe tout ce qu'il a appris au cours de ses années à Ryerson.

Il a mis l'accent sur l'importance de la gestion du temps et de s’assurer qu'ils sont à jour dans leurs études, tout en étant également disponible pour bavarder s'ils en ont besoin.

« Il se soucie des gens du programme, de ses entraîneurs, de tout le monde ici », dit Rana. «C’est lui rendre un hommage formidable et à notre programme. Je dois dire qu'il perpétue une tradition menée par d'autres avant lui. »

Au cours des 15 premiers matchs de la saison, Mukama a obtenu une moyenne de 19,8 points, 7,5 rebonds et 3,3 passes décisives sur un pourcentage de 51,9 pourcent du terrain et 41,2 pourcent pour les tirs à distance.

L’amélioration de presque toutes ses statistiques n’a pas d’importance pour Mukama, en autant que les Rams puissent retourner au tournoi national et remporter le premier titre national du programme.

« Étant à ma cinquième année, j'essaie d’y arriver pour tous ceux qui ont été dans cette position à essayer d’atteindre cet objectif », dit-il. « J'essaie de le réaliser pour eux, c'est ma motivation supplémentaire. »


Libaan_Osman.png (40 KB)Libaan est un étudiant de deuxième année en journalisme à l'Université Ryerson. Il a écrit pour plusieurs publications, et a couvert les Raptors de Toronto et la NBA. En 2017, il s'est rendu à Halifax pour couvrir la finale du 8ème tournoi de basketball masculin de U SPORTS pour The Eyeopener, le journal du campus de Ryerson. Libaan est très impatient de présenter le niveau phénoménal de jeu que U SPORTS a à offrir par le biais de ses écrits.