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Emily Clarke a l’habitude de briser les plafonds de verre.

Au mois de septembre dernier, elle est devenue la première femme à occuper le poste d’arbitre en chef dans un match de football de U SPORTS alors qu’elle a officié un affrontement opposant les Golden Bears de l’Alberta aux Dinos de Calgary.

« Je trouve ça parfois irréel quand je pense au fait que je suis la première à réaliser plusieurs choses au football canadien dans le domaine de l’arbitrage, a déclaré Clarke. C’est bien de pouvoir jeter un regard là-dessus et de constater que je suis la première femme à y aller et à porter la casquette blanche dans un de ces matchs-là, et je trouve que c’est encore plus spécial de savoir que je ne serai pas la dernière. »

L’occasion que Clarke a eue d’écrire une page d’histoire au sein du réseau U SPORTS s’est présentée après qu’elle ait fait tomber une autre barrière. En 2022, elle est devenue la première femme officielle à œuvrer dans un match éliminatoire de la LCF quand on lui a demandé à l’improviste de se joindre à l’équipe d’officiels de l’affrontement entre les Lions de la Colombie-Britannique et des Blue Bombers de Winnipeg au IG Field.

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« Au départ, je devais seulement être officielle remplaçante, mais un officiel a dû se désister juste avant le match, a expliqué Clarke. Je n’ai pas vraiment eu le temps de digérer tout ça ou d’y penser, je n'arrivais pas à le croire, j'allais être sur le terrain pour la finale de l’Ouest. »

C’est seulement la saison suivante, à l’occasion d’un appel précédant la campagne avec le vice-président associé de l’arbitrage pour la ligue, Darren Hackwood, qu’on a demandé à Clarke si la perspective de devenir éventuellement arbitre en chef dans la LCF l’intéressait.

« J’ai dit que j’adorerais me rendre jusque-là un jour. Ils songeaient à la possibilité de travailler avec U SPORTS, plus précisément avec l’Association Canada Ouest, pour aider quelques arbitres en chef en formation à accéder à la LCF, et ils m’ont dit que c’était là quelque chose qu’ils pourraient envisager de faire cette saison. »

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Bien que Clarke avait auparavant officié dans des matchs de l’Association Canada Ouest, elle n’avait pas eu l’occasion d’occuper le poste d’arbitre en chef. C’est à ce moment qu’on lui a donné la chance de le faire et de bonifier ainsi son bagage d’expérience de 20 ans dans le domaine de l’arbitrage au football.

« C’est important pour nous de trouver des gens comme Emily pour assurer la croissance de notre sport », a souligné Al Bradbury, gestionnaire de l’arbitrage pour la LCF.

Selon Bradbury, il est important de s’attarder à la formation des officiels au niveau de la base.

« Tu ne peux pas t’attendre à ce quelqu’un ait un niveau de performance donné un jour et ait un tout autre niveau le lendemain, a noté Bradbury. Il faut les aider à évoluer graduellement comme dans toutes les autres formes d’éducation. »

Clarke a dit espérer que le partenariat entre la LCF et U SPORTS continuera de servir de tremplin dans les années à venir.

« Pouvoir officier dans un match universitaire, où tu peux te concentrer un peu plus sur tes signaux et les choses que tu dois faire pour gérer le rythme du match — parce que c’est là une des principales responsabilités de l’arbitre en chef, et de le faire là comparativement à essayer de faire ça et gérer à quel point les joueurs de la LCF se déplacent rapidement —, je crois que c’est un grand avantage pour nous de pouvoir avoir cette possibilité. »

Clarke dit avoir reçu le soutien de tous les officiels de son entourage, peu importe leur rang, et notamment les encouragements de l’arbitre en chef dans l’Association Canada Ouest Darryl Baron. Baron a commencé à se familiariser avec le travail de Clarke sur le terrain en 2017, quand celle-ci a commencé à officier dans cette association.

« Je ne suis pas surpris de voir qu’elle a eu autant de succès, a dit Baron. Elle a fait montre de très grandes capacités dès la première fois où je l’ai vue et je trouve qu’elle n’a pas arrêté de progresser à ce niveau depuis ce temps. »

Un des buts que Clarke vise au bout du compte est de tendre la main aux autres comme on a fait pour elle et de tracer un chemin positif pour les personnes qui veulent suivre ses traces.

« Tout le monde ressent de la pression dans ce genre de contexte, que ce soit comme joueur, arbitre ou entraîneur quand tu en es à ton premier match, a-t-elle affirmé. Cependant, je trouve qu’on nous perçoit autrement en tant que femmes. Tu ne veux pas être la personne qui a essayé et qui a tout gâché pour les autres qui vont suivre. Tu veux que la porte reste ouverte pour les personnes suivantes. »

Au mois de mai 2022, Clarke a ajouté un autre élément intéressant à son curriculum vitae quand elle a pu faire partie, à Ottawa, d’un groupe composé de six autres femmes officielles provenant d’un peu partout au Canada pour officier le match Rouge contre Blanc que Football Canada avait organisé en prévision du Championnat du monde féminin de l’IFAF.

« Bien honnêtement, c’était là une des choses les plus spéciales que j’ai faites jusqu’ici, je pense, parce que même si nous étions quelques-unes à nous connaître déjà un peu, ça nous a vraiment rapprochées, a indiqué Clarke. Maintenant, nous avons un groupe vraiment tissé serré et nous nous parlons régulièrement. »

Clarke affirme qu’elles se racontent des anecdotes au sujet des leurs affectations dans différentes provinces et cherchent activement à recruter d’autres femmes au sein des associations dont elles sont membres chacune de leur côté.

« Ce serait formidable que Football Canada fasse plus de choses comme ça et que d’autres ligues et associations les imitent en tentant de développer un sentiment de communauté pour les femmes afin qu’elles voient qu’il existe des endroits où elles seront bien reçues. »

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Quant aux conseils que Clarke donnerait aux femmes qui aimeraient rejoindre les rangs d’une telle communauté, elle estime qu’il ne faut pas avoir peur de communiquer avec les gens.

« Si vous voulez commencer à officier, contactez les associations locales. Si vous voulez être entraîneure, contactez une équipe locale et offrez vos services, tout simplement », a dit Clarke.

« Les gens ne vont pas dire non aux personnes qui offrent leur aide. »