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Où sont ils/elles maintenant ? L’ancienne célèbre hockeyeuse, Corinne Swirsky, transfère ses talents aux forces policières

Matthew Coyte

Au cours de cette saison estivale, U SPORTS raconte l’histoire d’anciens étudiants-athlètes des universités canadiennes qui trouvent aujourd’hui le succès à la fois dans le monde du sport et dans leur carrière professionnelle.

Corinne Swirsky a remporté à peu près tous les honneurs au cours de sa carrière au hockey féminin de l’Université Concordia vers la fin des années 90.

Trois trophées Brodrick consécutifs pour la joueuse par excellence au pays, de 1998 à 2000, deux championnats nationaux, un prix Howard Mackie pour l’athlète la plus exceptionnelle de l’USIC – maintenant reconnu comme le prix BLG U SPORTS pour l’athlète de l’année.

Les Lawton, un entraîneur incontournable a dit d’elle qu’elle était « la meilleure joueuse qu’il lui avait été donné de coacher de toute sa vie. »  

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Alors, comment sa fille de six ans, Blake, aime-t-elle l’avoir comme entraîneuse de son équipe ?

« Elle ne sait même pas patiner ; je peux la battre à une seule jambe, » répond Blake avec assurance.

Elle n’y va pas avec le dos de la cuillère !

« En effet, elle est sans gêne, » rétorque Swirsky.

Swirsky est d’abord arrivée à Concordia en 1995 après avoir connu Lawton aux Jeux du Canada à Grande Prairie, Alta., où elle représentait le Manitoba. Cette saison-là, grâce à Swirsky et à d’autres étoiles telles que Cammi Granato, qui a été intronisée au Temple de la renommée du hockey, les Stingers ont complété la saison avec une fiche de 35-2-4. En 1998, le tout premier championnat canadien de hockey universitaire féminin a eu lieu et les Stingers ont réussi à capter le titre et même à le défendre la saison suivante.    

Pour Swirsky, ce premier championnat national figure parmi ses meilleurs souvenirs.

« Nous avons joué à l’Aréna Ed Meagher de Concordia et nous avons remporté la palme, » de se rappeler Swirsky. « Ce fut vraiment quelque chose d’extraordinaire que de remporter ce premier championnat à vie. »

Elle se souvient, avec des détails très précis, de son temps avec les Stingers, y compris leur arrivée sur la glace avec leurs casques jaune éclatant, leur voyage en Russie pour un tournoi et, il va sans dire, la grande rivalité entre Concordia et McGill.

« Lorsque je jouais, nous donnions la raclée à McGill comme s’il s’agissait d’une blague... puis, elles ont obtenu Kim Saint-Pierre. C’est à ce moment-là que Concordia a connu la défaite ! »

Swirsky et les Stingers auraient pu faire le tour du chapeau des trois championnats nationaux consécutifs si elles n’avaient pas perdu en fusillade aux demi-finales en 2000, un match pour lequel Swirsky avait été suspendue.

« Ça, c’était vraiment moche. L’équipe a essayé de protester, mais nous avons perdu le protêt, » explique Swirsky. « Après ce match-là, je suis sortie par une fenêtre quelque part à l’arrière de l’aréna. »

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Après avoir obtenu son B.Sc. en sciences de l’exercice à Concordia en 2000, Swirsky a déménagé à Calgary pour y compléter une maîtrise en kinésiologie à l’Université de Calgary. Pendant cette période, elle s’est jointe à une équipe féminine, le Oval X-Treme de Calgary, dont l’entraîneur était le légendaire Wally Kozak. L’une de ses coéquipières était Hayley Wickenheiser. Swirsky faisait tout ce qu’elle pouvait pour mériter une place sur l’équipe nationale, mais elle demeurait toujours, dit-elle, une joueuse de réserve.

Près de deux ans après la fin de ses études, son ancienne coéquipière X-Treme, Samantha Holmes-Domagala, a décidé de fonder sa propre équipe féminine, les Rockies, à Strathmore, Alta. Swirsky fut parmi les joueuses qu’elle invita à se joindre à l’équipe.

« Swirsky était une coéquipière fantastique. Une meneuse discrète, on pouvait toujours compter sur elle, » de dire Holmes-Domagala au sujet de son ancienne coéquipière qui a contribué à l’essor de l’équipe pendant deux saisons avant de se retirer. 

Suite à son expérience avec les Rockies, Swirsky a entrepris de se trouver du travail et un poste d’instructeur en éducation physique au service de police de Calgary s’est ouvert. Elle a présenté sa candidature et obtenu le poste, où elle œuvre depuis déjà 15 ans.

« Je passe beaucoup de temps au gymnase, c’est un bon boulot. Je ne suis pas assise à un bureau à cœur de jour, » explique Swirsky. « Ce travail cadre bien avec ma formation ; j’aime me préoccuper du corps humain et de son fonctionnement. »

Il est probable que la plupart des nouvelles recrues policières au cours des 15 dernières années ont reçu l’aide de Swirsky pour améliorer leur conditionnement physique et leur nutrition pendant leur formation. Bien que ce ne soit pas le parcours qu’elle se fût tracé, il est devenu une source de grande satisfaction pour elle. Lorsqu’elle avait reçu son diplôme en kinésiologie, la norme pour ces finissants était plutôt de se joindre à une équipe sportive comme physiothérapeute. Même sa longévité auprès du SPC l’étonne.

Elle se remémore moult moments de hockey avec ses coéquipières qu’elle se plaît à appeler sa « famille ». Elle trouve que les cours de formation policière ressemblent beaucoup aux équipes sportives sur lesquelles elle a évolué, en ce sens qu’après avoir relevé des défis ensemble, il se crée des liens indéfectibles. Elle va même jusqu’à penser que d’avoir évolué sur une équipe sportive devrait être un prérequis de l’admission aux forces policières.

« Tu apprends à travailler en équipe, à composer avec toutes ces diverses personnalités, à endurer les épreuves ensemble, à travailler vers un objectif commun, » explique Swirsky. « Je pense que les athlètes apportent tout cela à leur sport, ça fait partie de leur bagage »

Swirsky et son conjoint ont deux enfants qui évoluent maintenant au hockey. Ils habitent Calgary depuis au-delà de 15 ans.

« J’adore les grandes villes. Lorsque j’ai déménagé à Montréal, j’ai beaucoup apprécié avoir toutes ces options, tous ces choix d’activités, » raconte-t-elle. « Par contre, depuis que nous avons des enfants, je me dis parfois qu’une petite ville ne serait quand même pas si mal. »

Bien que son retour au hockey, à titre d’entraîneuse, soit encore tout nouveau, Swirsky s’intéresse toujours aux progrès que le hockey féminin a faits depuis ses années comme joueuse.

« Je repense au moment où nous commencions au sein du X-Treme, puis lorsque Samantha a mis les Rockies sur pied et le stade où nous en sommes en ce moment est celui dont nous rêvions à l’époque, » dit Swirsky. « Les joueuses commencent à recevoir des petits salaires et sont traitées beaucoup plus comme des athlètes professionnelles, au lieu d’avoir à choisir entre leur travail et le sport. »

Aujourd’hui, dans un rôle qui lui rappelle ses années comme joueuse et comme étudiante, elle est en mesure de se remémorer l’une des carrières les plus impressionnantes au hockey universitaire féminin, incluant 66 points en 31 matchs en 1998. Elle se prépare aussi à être intronisée au temple de la renommée de Concordia pour la troisième fois, après l’avoir d’abord été comme joueuse en 2001, lorsqu’elle a été diplômée, puis comme membre de l’équipe des Stingers en 1995. En septembre, l’équipe de 1998 — qui a remporté le tout premier championnat national au hockey féminin — sera intronisée lors du 20e anniversaire de sa victoire.

« Je me souviendrai toujours de ce premier championnat, » dit-elle.