Soccer Féminin Nouvelles

Dans le monde du sport, il y en a toujours qui disent que les records sont faits pour être battus. Peu importe le sport, ça peut souvent être un énorme défi. 

Mentionnez cela à Alliyah « Ally » Rowe de l’Université Cape Breton (CBU) et attendez sa réponse. 

Modeste, ingénieuse et intelligente, la buteuse de 5 pieds et 10 pouces n’est pas du genre à se vanter de ses réalisations personnelles. 

Elle en a tout de même plusieurs derrière la cravate, dont trois records du soccer féminin de Sport universitaire de l'Atlantique (SUA) en une seule saison régulière. À la fin du semestre d’automne 2023, Rowe a vu son nom au sommet du classement des buteuses en carrière (56), de buts marqués en un seul match (six à deux reprises) et du total de points en une saison (25). 

Elle a aussi aidé les Capers à terminer parmi les cinq meilleures équipes parmi les 45 formations à travers le pays bataillant pour la médaille d’or du Championnat national de U SPORTS 2023. 

Il n’est donc pas surprenant que Rowe ait été finaliste pour l’obtention du trophée pour la joueuse de l’année dans le soccer féminin U SPORTS.

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Néanmoins, le parcours de Rowe n’a pas exactement commencé avec le soccer. 

À un moment, dans son patelin de Kitchener, en Ontario, la mère de Rowe – pensant qu’il était temps que sa fille s’inscrive dans une activité physique parascolaire – l’avait initialement inscrite à des cours de ballet. 

Cependant, Rowe n’a pas porté longtemps ces chaussons de danse. Elle a plutôt pratiqué son art sur une scène différente. 

« Ç’a duré moins d’une semaine, a dit Rowe. Alors j’ai arrêté. Puis un jour, elle est venue me voir et m’a demandé : ‘Aimerais-tu essayer le soccer?’ Parce qu’elle avait vu une publicité dans un journal ou quelque chose comme ça. » 

À l’âge de sept ans, elle s’est inscrite dans une ligue locale. Match après match, année après année, les aptitudes de Rowe battaient leur plein, mais sur un terrain de soccer. 

Après avoir été diplômée de l’école secondaire Père-René-de-Galinée, un établissement catholique près de Cambridge, Rowe a reçu plusieurs offres de différentes écoles. Toutefois, c’est après avoir vu l’atmosphère entourant le département de sports des Capers pendant un voyage de recrutement à CBU qu’elle a pris sa décision. 

« C’est l’atmosphère, les liens et le soutien, de même que la façon dont les joueuses travaillent ensemble et que les entraîneurs gèrent tout ça, a dit Rowe, qui a décidé qu’elle s’installerait à Sydney, en Nouvelle-Écosse, à environ 2000 kilomètres de son patelin. De voir tout le monde se présenter pour offrir leur soutien, je me suis dit que cet endroit était fait pour moi. C’est juste génial. » 

Maintenant une joueuse dominante et percutante chez les Caspers, Rowe attire les projecteurs sur elle pour une quatrième saison consécutive. Facilement identifiable par son talent et pas seulement par son chandail numéro 12 sur un terrain de soccer, les efforts et accomplissements de Rowe peuvent se décrire en un mot : phénoménaux. 

Au fil des ans, Rowe a été nommée deux fois gagnante du titre de joueuse par excellence de SUA, recrue de l’année de U SPORTS en 2019, quatre fois membre de l’équipe d’étoiles de SUA, deux fois retenue au sein de la première équipe d’étoiles canadiennes et membre de l’équipe des Capers qui a remporté deux médailles d’or de SUA. 

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À 22 ans, Rowe a choisi de retourner à CBU pour une cinquième année. Cette autre saison ne s’est pas conclue avec une bague. 

Après un gain de 2 à 1 contre l’Université Acadia en demi-finale du championnat de soccer de SUA, l’étape suivante était le championnat de la ligue. Avec une incroyable fiche de 10-1-1 des Capers en saison régulière, Rowe a préparé le premier but de Cape Breton, mais son équipe a perdu face à une autre école de la province, soit l’Université St. Francis Xavier d’Antigonish, qui a réalisé une remontée pour l’emporter 2 à 1 et rafler le titre de la ligue. 

« C’était triste, sachant que notre saison prenait fin et qu’on n’avait pas deux autres semaines à jouer, particulièrement avec quelques-unes de nos joueuses qui allaient obtenir leur diplôme, a mentionné Rowe. Puis tu y repenses et réalises à quel point tu as eu du plaisir, tu repenses aux bonnes joueuses et aux bonnes personnes que tu as rencontrées au passage et tu réalises simplement que tout ça n’était pas pour rien. » 

Pour Rowe, le soccer va au-delà des victoires. 

« Tu crées des liens qui ne peuvent juste pas se briser. Au niveau où on est en ce moment, on devient des modèles. Il y a tellement de jeunes qui viennent nous voir jouer. » 

Rowe mentionne un moment précis et touchant qui est survenu après le match de demi-finale des Capers contre Acadia. Après la victoire, quelques jeunes filles sont venues voir l’équipe alors qu’elle rentrait au vestiaire. 

« Elles avaient le visage peint avec Rowe, le numéro 12 et tout et je me suis dit que c’était génial. J’ai pris des photos d’elles et je leur ai demandé pourquoi elles ne viendraient pas voir notre vestiaire. Parce qu’elles sont des futures Capers. Je leur ai dit qu’un jour, elles allaient être là. Une des filles a dit que c’était le plus beau jour de sa vie. » 

Selon Rowe, rien de cela ne serait arrivé sans l’aide des gens autour d’elle. 

« Je n’aurais pas obtenu tout le succès sans l’incroyable équipe derrière moi, qui me rend meilleure et m’envoie le ballon », dit-elle. 

Quant à l’avenir, elle songe pour le moment à travailler dans le monde du sport d’une quelconque façon. Le travail d’entraîneur et la physiothérapie sont des secteurs qui l’intéressent. 

« Je ne suis pas prête à laisser tomber le soccer, a dit Rowe. En espérant que les rêves deviennent réalité et jouer au soccer professionnel avec l’objectif de représenter le Canada à l’international. »  

David Grossman est un journaliste chevronné, lauréat de nombreux prix, diffuseur auprès de certains des principaux médias canadiens, notamment le Toronto Star et SPORTSNET 590 THE FAN, et professionnel des relations publiques depuis plus de 50 ans dans le domaine des sports et des relations gouvernementales au Canada. En 2021, il a remporté le Prix des médias Fred Sgambati de U SPORTS en reconnaissance des contributions majeures au développement et à la croissance du sport universitaire canadien.