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De l’Allemagne au Canada : portrait du joueur de soccer U SPORTS David Schaefer

Dan Khavkin

Partout dans le monde, d’innombrables athlètes internationaux prennent l’avion pour se lancer dans leur tout nouveau parcours : devenir étudiants-athlètes au niveau universitaire canadien.

Être un athlète de haut niveau dans son pays d’origine a ses avantages et ses inconvénients, mais la nouvelle recrue des Mount Royal Cougars, David Schaefer, a pour mission d’exceller dans son nouvel environnement.

Schaefer, 19 ans, a grandi dans la capitale allemande et a développé un lien avec le sport dès un très jeune âge. À l’âge de quatre ans seulement, il a découvert le jeu magnifique qu’est le soccer.

« Une différence énorme par rapport au Canada est qu’il avait des terrains partout. Dans les rues, il y avait des cages de but, alors le soccer était avec moi tout le temps », dit-il. « J’ai grandi dans le centre de Berlin, je suis allé à l’école dans ce coin… essentiellement tous les jours après l’école, je jouais au soccer. »

Les parents de Schaefer travaillaient dans le secteur politique et ont été forcés à déménager en Tunisie pendant deux ans, obligeant ainsi leur jeune à prendre une pause de son club d’enfance. Il a fréquenté une école américaine, ce qui l’a aidé à apprendre l’anglais, et il est resté en contact avec le soccer en faisant partie de l’équipe de l’école pendant son séjour à l’étranger.

À son retour dans son Allemagne natale, Schaefer a dû quitter son équipe lorsque son entraîneur a perdu confiance en sa capacité à poursuivre sa carrière.

« Mon entraîneur ne pensait pas que j’étais assez bon ou fait pour ça », a déclaré Schaefer. « En gros, après cela, j’ai changé de club presque tous les ans jusqu’au lycée... Je ne regrette aucun de ces changements. »

Schaefer s’est alors retrouvé à l’académie du BFC Dynamo Berlin, l’un des clubs les plus traditionnels d’Allemagne. D'ailleurs, sa riche histoire remonte à l’Allemagne de l’Est.

« Chaque année, je progressais de ligue en ligue, et j’ai fini par jouer (au niveau u19) dans la deuxième plus haute ligue des jeunes d’Allemagne », se souvient-il.

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Son club était autrefois champion de l’Allemagne de l’Est et était au même niveau que le Bayern Munich. Depuis lors, le club a connu des moments difficiles. Schaefer se remémore souvent les moments passés au sein de ce club riche en histoire.

« J’ai eu l’occasion de jouer dans un vieux stade qui pouvait accueillir 30 000 personnes il y a 50 ans. C’était plutôt cool », dit-il. « Notre équipe sénior jouait dans la quatrième division allemande et je pouvais m’entraîner avec eux chaque semaine. »

Cependant, au bout d'un moment, Schaefer a eu à réfléchir à sa vie en dehors du sport. Il a commencé à explorer les possibilités d'un parcours académique, mais voulait toujours jouer au soccer à un bon niveau.

« Je n’entrevoyais pas un grand avenir si je poursuivais cette voie », dit-il, concernant l’idée de rester à Berlin et de continuer à suivre sa formation à l’académie de soccer. « Ils ne m’auraient pas sélectionné alors j’aurais joué dans la cinquième ou sixième ligue. Ce n’est pas vraiment une bonne perspective d’emploi. Il est possible de gagner de l’argent dans ces équipes, mais pas assez. Même au quatrième niveau, c’est difficile. »

« Ce fut une belle expérience, j’ai pu jouer avec beaucoup d’anciens professionnels. »

Maintenant décidé à poursuivre une nouvelle voie académique, Schaefer a commencé à s’intéresser de plus près aux écoles américaines et canadiennes. En fin de compte, il choisirait, Mount Royal et la ville de Calgary  pour les quatre ou cinq prochaines années.

« Parmi toutes les offres, c’était la meilleure », dit-il. « Ce n’était pas un choix difficile, car sinon j’aurais été dans de petites villes universitaires américaines (dans la NCAA). Ce n’était pas difficile pour moi de préférer la première division canadienne. »

«La ville de Calgary était très intéressante à mes yeux : elle a la montagne, c’est une grande ville et je viens d’une grande métropole aussi, alors je ne voulais pas vivre dans une petite ville. En Allemagne, on dit que le Canada a un excellent système d’éducation et on le préfère toujours au système américain. Ce ne sont pas seulement le programme et la ville qui ont figuré dans ma décision ; le choix de l’école aussi a été décisif. »

À 19 ans, il a quitté son pays natal et a laissé tomber une rare occasion de participer à la pyramide allemande de soccer. Mais il a aussi quitté sa famille. Lorsque Schaefer a atterri au Canada, il a dû faire face à certains inconvénients auxquels il devait s’adapter en dehors du terrain.

« La situation de vie était un peu difficile, mais j’ai tout réglé au final.  J’ai vécu avec l’un de mes coéquipiers, puis j’ai ensuite déménagé dans une maison partagée », dit-il. « Une autre difficulté est que je n’ai pas de voiture, mais au moins je vis à proximité de l’école. Le lien avec les capacités physiques est assez difficile pour moi à cause de la différence entre le soccer ici et celui dans mon pays d’origine. Le jeu ici est plus axé sur le physique et les tacles que sur les habiletés techniques ».  

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Ryak Gyaki, entraîneur-chef de l’équipe masculine de soccer des Cougars, a déclaré que Schaefer s’intégrait parfaitement dans le club lors de sa saison recrue.

« L’on ne quitte pas la maison à moins d’être une personne forte d’esprit - il a essayé de faire la plupart de ses choses par lui-même et d’être très débrouillard», explique Gyaki. « L’on ne quitte pas l’Allemagne pour le Canada simplement pour étudier sans courage et beaucoup de conviction, surtout si l’on doit tout gérer soi-même.»

Gyaki a découvert son nouvel athlète de manière assez particulière.

« J’ai reçu un courriel d’une entreprise de recrutement», explique-t-il. « C’est l’un des rares joueurs où j’ai regardé la vidéo et je me suis dit qu’il avait vraiment quelque chose, qu’il savait vraiment bien jouer… Je savais où il était, j’avais en fait joué avec l’entraîneur de la première équipe, et lui aussi disait qu’il était bon joueur. »

« Il a pris un risque et a sauté dans un avion et a atterri ici deux jours avant la présaison. »

Gyaki a ajouté que des recrues internationales avaient déjà rejoint les Cougars au cours de son mandat d’entraîneur-chef, mais aucun d’entre eux n’avait été activement recherché. Le coach de quatrième année pense que Schaefer aura un impact sur le programme dans les années à venir.

« Quatre, cinq ans, c’est une longue période pour évoluer. Il aidera à améliorer la formation et rehaussera les petites choses tranquillement », dit Gyaki. « Il me rappellera des différentes normes de différents pays. Il deviendra un leader et pourra vraiment avoir un impact sur la ligue une fois qu’il se sera installé et, espérons-le, nous emmènera au prochain niveau avec lui. »


Dan_Khavkin.png (388 KB)Dan est en troisième année du programme de journalisme à l'Université du Mont Royal. Il est le rédacteur sportif du journal du campus The Reflector, et travaille aussi comme journaliste sportif pour le Cougars, couvrant le soccer et le hockey. Dan a hâte de contribuer à U SPORTS et de créer un impact positif dans le monde des médias sportifs.