Hockey sur gazon Féminin

U SPORTS News

Corporatif

Faites connaissance avec vos entraîneurs de U SPORTS : Steve Bryce, Regina Rams

L’équipe U SPORTS

Crédit: PSP

Tout au long de la saison 2017-2018, U SPORTS s’entretiendra avec un athlète, un entraîneur, et un membre du personnel clés de chacun de ses programmes sportifs dans le cadre de notre nouvelle série d’entrevues « Faites connaissance avec… ».

 steve-bryce-head.png (61 KB)

Nom : Steve Bryce
Établissement : Regina
Sport : Football
Position : Entraîneur-chef
Ancienneté : Deux saisons
Établissement/poste précédent : Entraîneur-chef de l’école Etiwanda High School
Ville natale : Regina, Saskatchewan


  1. Comment en êtes-vous venu à entraîner pour la première fois? Quel a été votre parcours jusqu’à ce poste d’entraîneur-chef des Rams de Regina?

J’ai commencé à entraîner lorsque je jouais pour les Rams de Regina, qui étaient à l’époque une équipe de football junior. J’étais entraîneur de position à Riffel, mon ancienne école secondaire. J’ai occupé ce poste pendant quelques saisons, et lorsque j’ai fréquenté le Collège Jameston par la suite, j’y ai joué pendant quatre saisons, et après cette période, j’ai apporté mon aide comme entraîneur adjoint de l’équipe. J’ai vraiment apprécié la période durant laquelle j’ai entraîné ces athlètes et travaillé avec eux.

Lorsque j’ai obtenu mon diplôme, j’ai pensé me diriger vers l’enseignement tout en œuvrant comme entraîneur. J’ai reçu une offre d’emploi en Californie du Sud, où j’ai été entraîneur adjoint pendant huit ans. Par la suite, le poste d’entraîneur-chef est devenu vacant, et j’ai présenté ma candidature. J’ai donc travaillé comme entraîneur-chef en Californie pendant sept ans. Environ un an après être revenu m’installer à Regina avec ma famille, le poste d’entraîneur-chef des Rams de Regina est devenu vacant. J’étais entraîneur d’une équipe bantam dans une ligue de football mineur dont le programme se déroulait à Moose Jaw, en Saskatchewan et qui avait des ramifications au Texas et en Floride. J’ai passé l’entrevue pour le poste et je l’ai obtenu. Voici, en deux mots, mon parcours jusqu’ici.

  1. Qui sont les gens qui vous ont le plus influencé en tant qu’entraîneur?

Mes anciens entraîneurs, notamment Jerry Orban. Il a été un mentor et un modèle exceptionnel. Frank McCrystal était l’entraîneur-chef lorsque je suis parti pour Jamestown. Joel Swisher, l’entraîneur-chef de Jamestown, a été un très bon modèle également. Il est un ancien sergent-instructeur de la Marine, et il était très porté sur la discipline. J’ai beaucoup appris de lui. J’ai beaucoup appris également en travaillant avec les personnes rencontrées en Californie. Tom Dineley a été un bon mentor pour moi lorsque j’étais entraîneur adjoint là-bas avant que je ne devienne entraîneur-chef. Ensuite, j’ai assisté à plusieurs cliniques d’entraînement où j’ai écouté des entraîneurs comme Pete Carroll, Chris Ault, Mike Leach. J’ai été ravi de les écouter parler à la clinique multisport de l’Université de la Californie du Sud, ainsi qu’à la clinique Glazier et la clinique Jerry Stovall. J’ai participé à beaucoup de cliniques et j’ai essayé d’absorber autant de connaissances que possible sur le football.

  1. Comment décririez-vous votre style de coaching?

Je pense que mon style varie en fonction de mon rôle; je n’ai pas le même style en étant entraîneur de position qu’en étant entraîneur-chef. Il faut tout considérer du point de vue d’un entraîneur-chef, et j’essaie d’être aussi organisé et aussi constant que possible. Je fais tout mon possible pour être d’un abord facile, parce que je veux que les joueurs me connaissent et je me dois de les connaître. Je suis l’entraîneur des joueurs, c’est pour cela que je ne me montre pas distant, ma porte est toujours grande ouverte. Je me vois comme une personne qui défend leurs intérêts et qui contribue à faciliter leur croissance et leur développement, non seulement comme joueur de football, mais aussi en tant qu’hommes et en tant que personnes.

  1. Quel entraîneur admirez-vous le plus et pourquoi?

Je pense que c’est Pete Carroll. J’ai eu la chance de lui parler et de l’entendre parler, et il nous a invités pendant des années aux réunions de leurs équipes offensives et de leur défense. Alors, j’ai pu découvrir son style et son caractère, ainsi que son intensité. Ce qui m’inspire à propos de lui, c’est qu’on veut vraiment jouer pour lui lorsqu’on le côtoie. Mike Leach est davantage un stratège, et j’aime l’écouter, j’aime apprendre de lui parce qu’il est quelqu’un de profond, et en ce qui concerne l’aspect « jeu d’échec » d’un match de football, il n’y a pas plus brillant que Mike Leach. Alors je dirais probablement ces deux-là.

  1. Quelle est la chose la plus inconventionnelle que vous ayez faite en tant qu’entraîneur?

Je me suis prêté à ce jeu où on accepte de s’immerger dans l’eau afin de permettre aux joueurs de libérer leurs inhibitions. J’essaie d’être aussi créatif que possible, j’essaie de changer constamment ce que je fais, mais je crois que je ne suis jamais sorti des sentiers battus. J’ai entraîné différents styles de lignes offensives, notamment une formation en T pendant sept ans, une formation Pro-l pendant deux ans et une formation offensive élargie. J’ai toujours essayé de nouvelles choses. Ma prochaine étape en Californie était d’en apprendre d’avantage sur l’offensive « pistol », mais j’ai décidé de revenir ici, alors c’est un style d’offensive canadien, qui est un mélange de beaucoup de choses.  

  1. Quel est votre plus grand moment ou votre plus belle réussite en tant qu’entraîneur?

Lorsqu’on considère la situation dans son ensemble en tant qu’entraîneur, je pense qu’on peut savourer les victoires et tirer parti des défaites. Beaucoup de gens nous regardent et disent « C’est un entraîneur qui gagne » ou encore « Cet entraîneur a une excellente fiche », et je pense que les vrais entraîneurs ne font pas ça pour leur fiche. Ils ne le font pas pour les victoires ni pour les journaux, les chroniques ou les blogues.

Je pense que les très bons entraîneurs font ce qu’ils font parce que c’est une occasion d’aider à former de jeunes hommes et des adolescents. C’est lorsqu’ils reviennent 10 ou 15 ans plus tard et qu’ils nous disent à quel point nous avons eu un impact sur leur vie sur le plan personnel, parce qu’on a été là pour eux, alors qu’on ne s’en doutait même pas, par exemple, lorsqu’ils sont venus nous voir pour nous raconter une histoire qu’aucune autre personne n’avait eu le temps d’écouter, et que cela leur a permis de remporter du succès et de contribuer à leur communauté que nous savons que le temps que nous leur avions consacré a été utilisé à bon escient. C’est en recevant leurs commentaires 15 ans, ou même 20 ans après, qu’on sait qu’on a eu une influence positive sur nos joueurs.

steve-bryce-1.jpg (535 KB)

  1. Quel est le meilleur conseil que vous pouvez donner à un athlète ou à ses parents?

Ne lisez pas les coupures de presse. Ne vous mettez jamais en tête que vous avez réussi. Rappelez-vous toujours cette envie que vous aviez lorsque vous visiez le succès ou la réalisation d’un objectif.

Aux parents je dirais de lâcher prise et de laisser les enfants faire leurs expériences et de les laisser échouer. Parce si vous ne laissez jamais un jeune échouer, il deviendra inadapté et ne pourra pas faire face à l’adversité plus tard dans la vie. Je pense que trop souvent, les parents permettent aux enfants de rater l’école ou encore les entraînements de football et leur trouvent même des excuses. Quelle que soit la raison, il faut les laisser échouer, les tenir responsables et ils grandiront en devenant de meilleures personnes. 

  1. Comment avez-vous changé en tant qu’entraîneur au fil du temps. Quels principes et quelles valeurs sont restés identiques?

Lorsque je venais de commencer à travailler comme entraîneur, je mettais l’accent sur la discipline. Voici mes règles, voici mes limites : vous les franchissez, et c’en est fini pour vous. Il n’y avait pas d’autres choix.

Au cours de mes premières années, j’étais également impliqué dans les visites d’athlètes, spécialement lorsqu’ils sont transférés d’un établissement à un autre. Mon directeur des sports et moi-même avions reçu l’ordre de mener ces visites par notre organisme de tutelle pour nous assurer que les athlètes acceptent de vivre dans la région. Et j’ai appris une grande leçon en faisant cela, j’ai appris que chaque athlète est différent. Certains étudiants de notre équipe conduisent des autos plus récentes que celle du doyen, cependant, dans le même vestiaire, il y a un jeune qui n’a pas de lit, qui ne possède que trois t-shirts au total et qui ne sait pas où il trouvera son prochain repas.   Alors, on peut être rigide et à cheval sur le respect des règles autant qu’on veut, mais on doit se rappeler que ces règles sont applicables à de jeunes hommes et que ces jeunes hommes viennent d’horizons différents, et pas dans les mêmes circonstances.

Si notre objectif est d’en faire de meilleurs hommes, on ne peut fermer la porte à un jeune parce qu’il n’a pas les mêmes moyens qu’un autre. Alors, il faut prendre toutes ces choses en considération. Lorsqu’on établit ces règles, s’il y a une règle qui est particulièrement importante pour nous, il faut qu’on se rappelle que certains jeunes peuvent ne pas être capables de satisfaire à ces normes en raison de circonstances sur lesquelles ils n’ont aucun contrôle.

En ce qui concerne mes principes et mes valeurs, je suis resté le même en ce sens que je garde toujours à l’esprit pourquoi je suis ici. Le travail d’un entraîneur est de développer de jeunes hommes. Bien sûr, il y a l’attaque, la défense, les unités spéciales, la préparation physique, la nutrition, l’admissibilité sur le plan académique, toutes ces choses, mais je pense que nous assumons un rôle dans le cadre duquel nous portons plusieurs chapeaux : modèle, père, entraîneur, enseignant, professeur. Nous corrigeons les devoirs des joueurs. Nous faisons beaucoup pour eux et pour atteindre notre objectif. Nous faisons tout cela pour les aider dans leur cheminement et pour laisser une impression durable, car tout ce travail est utile aux autres et fait de nous de meilleures personnes.

  1. Qu’aimez-vous faire lorsque vous n’êtes pas en train de coacher?

J’ai deux petites filles, alors lorsque je ne porte pas mon chapeau d’entraîneur, je porte celui de papa. C’est devenu le travail le plus important de ma vie, et je ne veux certainement pas échouer en l’accomplissant.

  1. Quelle est la chose la plus embarrassante qui vous est arrivée en tant qu’entraîneur?

Il y a des situations où je me suis trompé, et cela m’a enseigné quelques leçons importantes. Lorsqu’on est dans l’erreur, il faut savoir se montrer humble. Dans un match, il peut m’arriver de m’emporter contre un joueur pendant la mi-temps pour quelque chose que j’ai cru qu’il a fait, mais en visionnant le film plus tard, je me rends compte que j’étais tout à fait dans l’erreur.

Cela m’a appris que rien dans un match n’est aussi bon ou mauvais que ce qu’on croit au moment où cela se passe. Il faut attendre de visionner le film afin de réagir de façon adéquate. Alors, ne donnez pas de trop grosses tapes sur l’épaule et ne donnez pas de trop gros coups de pied au derrière, car rien n’est jamais aussi bien ni aussi mauvais qu’il n’y paraît.