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Où sont-t-ils maintenant: De coureur à représentant - le quotidien de Ross Proudfoot

Alex Cyr

Cet été, U SPORTS raconte les histoires d’anciens étudiants-athlètes universitaires canadiens qui connaissent du succès dans le monde du sport tout comme dans leurs carrières professionnelles. L'ancien lauréat du prix BLG a été contraint de prendre une pause, mais il progresse dans son milieu de travail.

 

Avec un nom comme Proudfoot (traduction littérale : pied fier), on ne peut s’empêcher de courir.

À moins d’avoir à composer avec les blessures, ce qui a été le cas récemment pour l'ancien coureur de longue distance de l'Université de Guelph devenu espoir olympique.

« Je souffre d’une fasciite plantaire », dit-il. « Cette blessure est survenue il y a environ trois mois. Elle prend plus de temps pour guérir que je ne le pensais. »

Sa blessure actuelle survient après un cas compliqué de douleur sciatique qui lui a coûté la chance de défendre son titre qu’il détenait depuis deux ans aux Championnats canadiens de cross-country de 2017. « Pour l’instant, je dois guérir cette blessure et revenir à la case départ. »

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Proudfoot est en territoire inconnu. Il n'y a pas eu de championnats canadiens, de records personnels ou de compétitions internationales jusqu'à maintenant en 2018 pour l’athlète de âgé de 25 ans. Mais de prendre cette dernière année comme un microcosme de la carrière du spécialiste de la piste et du cross-country serait absurde. En fait, pendant la majeure partie de la dernière décennie, il a été un exemple de cohérence. L’athlète natif de Sudbury, en Ontario, était peut-être l’élément le plus important de l’équipe de Guelph puisqu'elle a dominé le circuit de cross-country U SPORTS en remportant la bannière du championnat durant chacune de ses cinq années d'admissibilité entre 2010 et 2014. Il a été nommé recrue de l'année à sa première campagne, et a remporté une médaille d'or individuelle et le titre d'athlète de l'année en cross-country à sa dernière année.

Cependant, le succès à la course n’a jamais été indépendant pour Proudfoot. Au cours de ses cinq années d'excellence sur la piste et les sentiers de cross-country à Guelph, il a obtenu un baccalauréat et une maîtrise.

« J'ai terminé mon diplôme en sciences de l’activité physique en quatre ans. Et de poursuivre avec une maîtrise semblait être le bon choix en termes de carrière et de course », explique Proudfoot. «J'avais d'autres aspirations en tant que coureur, et Guelph est très axée sur la course. J'ai donc décidé de poursuivre une maîtrise en santé humaine et en sciences de la nutrition, plus particulièrement en physiologie et métabolisme, tout en utilisant ma dernière année d'admissibilité. »

Et quelle année ce fut. Après avoir été nommé Athlète de l'année en cross-country, il a remporté le 1500m et le 3000m de la saison intérieure 2015. Avec Kyle Boorsma de l’Université de Guelph, Geoff Kerr de l’Université de Calgary et Cristiano Mauricio de l’Université de Windsor, il est le seul athlète universitaire à avoir triomphé dans les trois épreuves interuniversitaires de longue distance depuis 2000 (même s'il a dû affronter l'éventuel athlète olympique de 2016, Charles Philibert-Thiboutot, alors de Laval, à plusieurs reprises). Les prouesses de Proudfoot lui ont finalement valu le Prix BLG U SPORTS en 2015, décerné à l'athlète de l'année tous sports confondus.

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«De rester pour une cinquième année a finalement été une excellente idée», explique Proudfoot. « Cela m'a mené à un niveau de condition physique qui m’a fait croire que je pouvais faire les Jeux olympiques. Pour moi, rester dans le SIC a été la meilleure chose pour m'aider à combler mes lacunes face aux meilleurs coureurs du pays et en sortir prêt à atteindre mes objectifs. »

Bien qu'il ait manqué de justesse le standard de qualification pour les Jeux olympiques de Rio, il a terminé la saison 2016 avec un deuxième titre national consécutif en cross-country, et il est avide d'une autre percée.

En même temps, Proudfoot n’avait plus le statut d’étudiant et avait besoin de se trouver un emploi. Heureusement, sa cinquième année à Guelph ne l'a pas seulement aidé à se développer en tant que coureur, elle l'a également lancé dans une carrière prometteuse.

« Avoir une maîtrise m'a vraiment ouvert des portes. Au cours des neuf derniers mois, j'ai travaillé comme représentant des ventes pour une entreprise pharmaceutique à Peterborough », explique Proudfoot, qui occupe un poste de vente de vaccins axé sur le patient. « Une grande partie de ce que nous faisons est d'avoir des conversations informatives avec les médecins pour partager nos recherches sur notre produit avec eux. Par exemple, nous décrivons comment un certain vaccin peut aider les patients, et plus précisément quels types de patients peuvent bénéficier du vaccin. »

« Ce type de travail est une bonne façon de s’initier à l'industrie des soins de santé, et venant d'une formation en physiologie humaine, j'ai une compréhension approfondie du fonctionnement du vaccin », ajoutant qu'il est principalement utilisé pour traiter le zona.

Le fait de s’épanouir et de s'améliorer dans l'environnement de course hyper-concentré de Guelph a bien préparé Proudfoot pour le milieu du travail.

«Grandir en tant que personne, travailler fort avec un groupe pour atteindre un objectif commun, la responsabilité à l’entraînement et la gestion du temps mènent où on veut être, et ce sont toutes des qualités qui se transfèrent de la piste au lieu de travail», dit-il, précisant que d’être entouré de la communauté élite de Guelph a donné quelques leçons à Proudfoot sur la façon de s'épanouir dans un environnement de haute performance. «Il faut beaucoup de concentration pour réussir dans son sport; le milieu à Guelph ressemblait à une petite bulle qu'il serait difficile de créer ailleurs. Je m'entraînais avec des finalistes olympiques et des athlètes de la Diamond League. C’est une préparation pour travailler à un haut niveau dans tout ce qu’on fait. »

La meilleure partie de son travail actuel? La flexibilité.

« Ce rôle me donne le temps le soir et en fin d'après-midi de sortir pour courir. J'avais trouvé un bon équilibre en hiver, quand j'étais en bonne santé », dit-il de la conciliation qui augure bien pour les prochaines années. Malgré le combat qu’il mène à son corps résistant, Proudfoot est loin d’avoir terminé.

« 2020 est l'objectif. Je sais que ma condition physique a été assez bonne pour me mesurer aux standards olympiques - la course n’est tout simplement pas arrivée avant la blessure. »

Une autre chance est maintenant tout ce dont il a besoin.

«Même si beaucoup de choses ont changé parce que j'ai un emploi et que je suis blessé, je suis optimiste de pouvoir revenir sur la scène et m’élever d’un cran. »