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La diversité domine chez les Carabins

Alex Cyr

Pat Raimondo s’y connaît derrière le banc.

En 2000, il quittait le poste d’entraîneur des Redmen de McGill pour commencer à neuf et assumer le rôle d’entraîneur-chef des Carabins de Montréal pour leur saison inaugurale. Raimondo envisageait un grand potentiel chez l’école rivale.

Montréal avait tout ce qu’il fallait pour développer un programme de soccer de haut niveau. L’infrastructure était bien, la population étudiante était abondante (65 000) et la ville attirait toujours de bons athlètes.

Raimondo avait raison de croire en une telle puissance. Depuis son arrivée à Montréal, les Carabins ont remporté la médaille de bronze au championnat national d’U Sports à trois reprises. Cette année, ils s’apprêtent à faire face aux adversaires les plus coriaces du Québec au championnat de conférence, ayant comme but d’avancer au championnat national et d’obtenir la première médaille d’or de leur histoire. Ils sont actuellement classés premiers au pays, grâce à une fiche de dix victoires, aucune défaite et un match nul. Grâce à ces prestations, ils ont mérité la première place au sein du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), ce qui garantit leur présence en demi-finale du Québec, le trois novembre.

Raimondo se réjouit de la prouesse et de la cohésion de son groupe.

« L’équipe est jeune et elle aime jouer. Elle ne se laisse pas distraire par des égarements extérieurs. Les joueurs sont toujours à la tâche et sont tous sur la même longueur d’onde. Ce groupe me fait adorer mon travail; ça le rend facile. »

Cette équipe unifiée cache bien le fait que la plupart de ses membres lui arrivent de diverses cultures et doctrines de soccer. En effet, 11 joueurs évoluant au sein de l’équipe montréalaise, dont Omar Kreim et Guy Frank Essome-Penda, ne sont pas natifs du Canada et apportent de l’expérience internationale diverse et de grande valeur. Kreim, qui évolue au milieu du terrain, driblait son premier ballon de soccer en Afrique, raffinant ensuite ses habiletés en Europe.

« Je suis né au Maroc, puis je suis déménagé au Canada à l’âge de huit ans. Je joue au soccer depuis que je suis jeune. Vers l’âge de 18 ans, je suis parti jouer en Suède dans une ligue professionnelle adulte. Le style de jeu était rapide; c’est différent de jouer contre des hommes lorsque tu as 18 ans. Ça m’a bien préparé pour ma carrière universitaire. »

Le footballeur de 22 ans s’est joint aux Carabins en 2016, après avoir passé par le cégep. Son sang froid est un atout sur le terrain.

Je suis un joueur calme lorsque je suis en possession du ballon, mais j’apporte aussi de l’intensité lorsque nous devons regagner le contrôle. Comme équipe, le but est d’être en possession et ensuite foncer lorsque la chance se présente.

Omar Kreim

Selon Raimondo, Kreim est un joueur complet.

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« Il est parmi les meilleurs au pays. Il est polyvalent et il est simple; il est là pour jouer. Il est utile dans toutes les situations. »

Son coéquipier, Essome-Penda, marquait ses premiers buts en Russie. Aussi âgé de 22 ans, il est seulement déménagé au Québec à l’âge de 15 ans, soit en 2010. Parlant seulement le russe, il a dû faire une année de rattrapage avant de se joindre aux écoles francophones. Maintenant trilingue, l’étudiant en génie informatique s’exprime bien en français et en anglais. N’ayant pas été choisi pour faire partie de l’équipe en 2015, il a fait de grands pas.

« Après mon secondaire, je jouais avec mon collège. De là, je me suis présenté aux essais ouverts avec les Carabins, puisqu’un ami m’a encouragé de m’essayer. En 2015, je n’ai pas fait l’équipe, mais en 2016, coach Raimondo m’a sélectionné. »

Raimondo confirme qu’Essome-Penda s’améliore rapidement.

« Il est combatif et il va très vite. Nous aimons bien la version Guy-Frank 2.0. Depuis l’an dernier, il a modifié des petites choses dans son jeu. Sa touche est meilleure et il est plus fort, agressif. Guy est toujours déterminé à compter. C’est un grand travaillant. »

Essome-Penda s’adapte toujours au jeu canadien.

En Russie, le jeu est moins vite, moins intense. C’est plus technique et tactique – c’est défensif. Au Canada et avec les Carabins, c’est rapide. Nous attaquons de façon très agressive.

Guy Frank Essome-Penda

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S’adapter à un nouveau style de jeu peut être un défi chez une équipe de si grande diversité, mais Essome-Penda pense autrement.

« C’est sûr qu’une telle variété a un important impact sur le style de jeu, au début. Différents pays ont de différentes manières de jouer. Mais, ce n’est pas difficile de s’adapter. Ici, la priorité c’est que nous soyons tous sur la même longueur d’onde sur le terrain. Nous exécutons le plan de notre entraîneur et il n’y a pas de problème.”

Raimondo perçoit aussi cette hétérogénéité culturelle comme une force. Il est bien habitué à entraîner une équipe diverse.

« Montréal est une ville cosmopolite, donc c’est un phénomène depuis qu’on existe. Habituellement, il n’y a qu’un tiers de nos joueurs réguliers qui sont natifs du Québec. Cette année, nous avons 10 nationalités dans notre vestiaire. C’est un produit de la diversité de notre ville, du recrutement de l’université, ainsi que de l’accueil du Québec et des Québécois. Pour notre équipe de soccer, c’est une richesse d’avoir cinq ou six différentes cultures de jeu. Il faut avoir l’esprit ouvert. On peut tous s’apprendre des choses. »

Le multiculturalisme des Carabins n’est pas qu’un atout sur le terrain, c’est tout autant un avantage en dehors du jeu.

« Dans le vestiaire, on parle espagnol, arabe, créole. Il y a du monde de l’Amérique latine, de l’Espagne, de la France… c’est un avantage pour nous. Nous nous familiarisons avec la culture et la langue des autres », remarque Omar Kreim. Décidément, ça prend une équipe tout aussi cohésive que talentueuse pour demeurer sans défaite après 11 matchs.

Pendant que Kreim et Essome-Penda admettent que l’ultime but est de remporter la médaille d’or au championnat national d’U Sports, Raimondo rappelle à ses joueurs de ne pas regarder trop vers l’avant.

« C’est certain que parfois, nous y pensons (de gagner le championnat). Il faut avoir des rêves, après tout. Mais, on ne se met pas cette pression sur le dos, car il faut rester concentré. C’est match par match. Pour l’instant, nous voulons gagner notre match contre Laval en fin de semaine. Ensuite, le but est de gagner la bannière québécoise. »

Comme on l’a dit de l’ascension de Kreim et d’Essome-Penda au niveau national, on y va un pas à la fois.

                   

Alex_Cyr.jpg (413 KB)Alex est un étudiant en première année de maîtrise à l'Université de Windsor, étudiant la psychologie du sport. Il a complété son baccalauréat à l'Université St. Francis Xavier, où il a commencé sa carrière sportive universitaire en tant que athlète de cross-country et d’athlétisme pour les X-Men de StFX. Alex est rédacteur par intérim pour Athlétisme Nouveau-Brunswick et écrit un blog sur le site Web canadien de  course à pied, Trackie.com