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175 jours : les survivants des Broncos d’Humboldt font un retour inspirant sur la glace au sein du hockey U SPORTS

Declan Riley

En 175 jours, on peut gravir le mont Everest quatre fois. On peut traverser le Canada aller-retour à vélo. En 175 jours, on peut braver l’océan Atlantique à la nage en prenant des vacances relaxantes à mi-chemin ou faire le tour de tous les lacs de l’Alberta.

En 175 jours, on peut aussi faire un retour inspirant dans son sport. C’est ce qu’ont fait quatre braves Canadiens, qui, contre toutes attentes, ont récemment enfilé de nouveau leurs patins.

Pour une bonne partie du Canada et du monde du hockey, le match d’ouverture des Broncos d’Humboldt le 12 septembre était le match de hockey le plus anticipé de l’année. Mais pour certains, il y a une rencontre encore plus importante au calendrier.

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Pour Kaleb Dahlgren, des Lions de York, Matthieu Gomercic et Bryce Fiske, des Ridgebacks de l’Institut universitaire de technologie de l’Ontario, et Nick Shumlanski, des Panthers de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, le retour sur la glace n’a jamais été aussi anticipé, préparé et significatif. Les quatre jeunes hommes se trouvaient à bord de l’autobus qui se dirigeait vers Nipawin, en Saskatchewan, le 6 avril dernier. Aujourd’hui, 175 jours plus tard, les Lions et les Ridgebacks doivent s’affronter dans le cadre d’une partie d’avant-saison, tandis que les Panthers ont ouvert la saison régulière mercredi soir. Chacun de ces jeunes hommes a emprunté sa propre route vers le retour au jeu.

Dalhgren est maintenant l’un des joueurs de hockey les plus reconnus au pays en raison de son implication dans de nombreux événements caritatifs et commémoratifs liés aux Broncos. Même s’il est peu probable qu’il ait le feu vert pour effectuer un retour au jeu durant la session d’automne puisqu’il se remet d’un traumatisme crânien, Dalhgren a déjà eu un impact sur les membres de sa nouvelle équipe. Il est une source de motivation et tisse des liens avec eux comme aucun autre joueur des Lions ne l’avait fait auparavant, sauf les uns avec les autres.

La priorité pour ces joueurs qui retournent sur la glace est de tourner la page et d’entamer leur nouvelle vie d’étudiants-athlètes. Mais une autre partie intégrante de l’histoire est le coaching. En effet, les principes moraux et les valeurs que Darcy Haugan, entraîneur en chef des Broncos, leur a inculqués, tout comme l’influence que Mark Cross, entraîneur adjoint à Humboldt et ancien joueur des Lions de York de 2011 à 2016, a eue sur eux, sont fondamentaux. D’ailleurs, en plus d’avoir participé activement au recrutement de Dahlgren dans l’équipe des Lions, Mark Cross a eu un impact immense sur le programme de hockey masculin.

« Mark était une personne qui avait une soif insatiable d’apprendre et de s’améliorer », affirme l’entraîneur en chef des Lions, Russ Herrington, qui a entraîné Cross alors qu’il faisait partie de l’équipe à York. « Il désirait ardemment améliorer la culture de York et souhaitait profondément léguer un héritage à ceux qui lui succéderaient. Il voulait laisser le maillot dans un meilleur état qu’il l’avait trouvé. »

Herrington, visiblement ému par l’influence de Cross sur le programme de hockey des Lions, constate encore aujourd’hui l’impact de son ancien joueur sur la culture de l’équipe. À York, le caractère, la personnalité et le leadership incroyables de Cross ont rayonné à travers son chandail rouge et blanc.

« Il était celui qui fixait les standards que tout le monde se devait d’atteindre, et non seulement il défiait les gens d’y arriver, mais il les aidait à atteindre son niveau. Il était extrêmement fier, fier de sa ville natale, Strasburg, et fier d’avoir la chance de porter le maillot de York jour après jour », relate l’entraîneur Herrington, témoignant de son incroyable tempérament dans les vestiaires. « Mark était un modèle pour tous ceux qui le côtoyaient. C’est à cela que nous voulons qu’un Lions ressemble, et ce, dans tous les aspects de la vie : dans la communauté, à la maison, comme conjoint, comme étudiant, comme athlète et comme leader. »

Mark Cross nous a quittés trop tôt, mais il ne fait aucun doute qu’il a laissé une trace indélébile dans le programme des Lions, une trace qui se ressent encore aujourd’hui.

Lorsque Dahlgren a commencé à parler de recrutement, l’entraîneur adjoint d’Humboldt a rapidement téléphoné à York.

« Mark connaissait très bien notre culture et savait quel genre de joueur nous recherchions », a indiqué Herrington. « Il nous a carrément dit : “Kaleb est un Lions. C’est le joueur qu’il vous faut”. »

Étant donné l’héritage de Cross et l’empreinte qu’il a laissée en tant qu’entraîneur des Broncos, une tournée commémorative a eu lieu dans sa province natale, la Saskatchewan, du 20 au 23 septembre afin de permettre à Herrington de montrer à ses joueurs où est né et a grandi l’un des plus grands joueurs des Lions et pour lui rendre hommage de la meilleure façon qui soit. En jouant dans la ville natale de Cross contre les Cougars de Regina, à Humboldt contre les Dinos de Calgary, et finalement à Saskatoon contre les Huskies de la Saskatchewan, les Lions et les joueurs des programmes de hockey masculin d’U SPORTS ont contribué à cet hommage très touchant à leur façon.

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La première partie de la saison avec l’Institut universitaire de technologie de l’Ontario a constitué, pour Gomercic et Fiske, le début du prochain chapitre de leur vie en tant que joueurs de hockey, étudiants-athlètes et jeunes hommes.

« Nous voulons seulement que notre programme joue rôle, qu’il soit petit ou grand, dans le reste de leur vie », a affirmé l’entraîneur en chef des Ridgebacks, Curtis Hodgins. « Nous voulons qu’ils obtiennent leur diplôme, préparent leur avenir et profitent de chacune des minutes qu’ils auront comme étudiants-athlètes, puisque c’est réellement une belle période. Ces jeunes nouent des amitiés et créent des souvenirs qu’ils garderont toute leur vie. Nous espérons que notre programme puisse avoir une incidence sur l’avenir de Matthieu et Bryce, et qu’ils puissent à leur tour jouer un rôle important dans le développement de notre programme. »

À la suite de l’accident, le recrutement n’était pas une priorité pour les programmes U SPORTS compte tenu de la liste des joueurs des Broncos. Mais avec le temps et les efforts de l’ancien directeur général adjoint d’Humboldt, Jason Neville, les joueurs ont commencé à communiquer avec les écoles qui avaient exprimé un intérêt envers eux pendant l’année scolaire. Gommercic et Fiske espérant toujours faire partie des Ridgebacks avec Hodgins aux commandes, la seule chose qu’il leur restait à accomplir était de se préparer pour être en mesure de jouer au hockey la troisième semaine d’août.

« Ils ne désirent rien de plus qu’étudier et jouer au hockey », a résumé simplement Hodgins.

Tandis que la saison régulière de Sports Universitaires de l’Ontario ne commence pas avant octobre, l’un des joueurs des Broncos d’Humboldt a déjà entamé la sienne.

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Credit: Bryan Hayward/CP

En effet, sur la côte est, Shumlanski a déjà mis à profit son talent et a marqué un but pour les Panthers de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, à Charlottetown, mercredi soir, alors que la campagne de Sport universitaire de l’Atlantique débutait officiellement. Shumlanski, qui est une recrue du sport universitaire cette saison, et l’entraîneur en chef des Panthers, Forbes MacPherson, ont une relation unique; le duo passe autant de temps dans l’aréna MacLauchlan du campus qu’à l’extérieur de la patinoire, Shumlanski étant hébergé par la famille MacPherson.

« Lorsque nous sommes sur la glace, nous nous limitons strictement au sport; ces moments sont dédiés au hockey », explique MacPherson. « Lorsque nous sommes assis autour de la table de la cuisine, je lui parle comme je parle à mes enfants. À l’occasion, nous passons du temps seuls ensemble afin que Nick me parle et que nous discutions ensemble… Dans la vie, on s’offusque et on se fâche pour des choses qui ne sont réellement pas si graves. Peut-être que tes bâtons ne sont pas disponibles pour l’entraînement, peut-être que tu n’as pas joué pendant l’avantage numérique, peut-être que tes patins n’ont pas été aiguisés adéquatement, mais parfois, il faut prendre une pause, regarder autour de soi, reconnaître ce que les autres ont vécu et comprendre que les choses ne vont pas si mal finalement. »

Bien que les quatre joueurs insistent pour être traités et considérés comme tous les autres étudiants-athlètes, il y a tout de même des moments dans le vestiaire où leurs coéquipiers et leurs entraîneurs ne peuvent s’empêcher de s’arrêter pour réaliser à quel point ces jeunes hommes humbles sont une source d’inspiration pour le Canada et le monde du hockey.

Il y a beaucoup de choses qui nous lient à la tragédie des Broncos d’Humboldt au niveau U SPORTS, que ce soit par des joueurs ou des entraîneurs, ou même par une thérapeute attentionnée et brillante des Cougars de l’Université Mount Royal appelée Dayna Brons, qui avait été engagée par l’équipe après avoir travaillé avec l’équipe de soccer masculine des Cougars, alors qu’elle terminait un certificat en thérapie sportive à l’université.

Les jeunes hommes qui se joignent à U SPORTS hockey cette saison offrent aux sports universitaires du Canada une connexion unique à un événement de l’histoire du sport qui ne sera jamais oublié. Nous n’oublierons jamais non plus leur remarquable parcours vers le retour au jeu; un cheminement incroyable de 175 jours empreint de courage, de détermination, d’inspiration et de la devise impérissable de leur défunt entraîneur, Darcy Haugan : « C’est une belle journée pour être un Bronco, messieurs ».